Vers le contenu
Rami France
Jeux de rami
Jeux gratuits

Venez découvrir tous les jeux de rami en ligne 100% gratuits

Cliquez ici
Règles du rami
Règles du jeu

Venez apprendre les règles de toute les variantes du rami !

Cliquez ici
Stratégies au rami
Stratégies

Venez découvrir toutes les stratégies pour gagner au rami

Cliquez ici

Stu Ungar, du gin rami de New York aux trois titres des WSOP

Stu Ungar

Stu Ungar (1953-1998), joueur professionnel de poker né à New York, a gagné trois fois le Main Event des World Series of Poker (WSOP) en texas hold'em no limit, en 1980, 1981 et 1997 : seul Johnny Moss partage ce record. Avant le poker, ce prodige dominait le gin rami ; il est mort ruiné à Las Vegas, à 45 ans.

Meilleur joueur de gin, trois fois champion du monde de poker

Gin rami
Premier tournoi gagné à 10 ans ; à Las Vegas, aucun casino ne lui trouve plus d'adversaire.
Poker
Cinq bracelets WSOP, dont trois titres de champion du monde : Doyle Brunson battu en 1980, Perry Green en 1981, John Strzemp en 1997.
Fin de vie
Paris, cash games, cocaïne : mort ruiné à Las Vegas le 22 novembre 1998.
Postérité
Poker Hall of Fame en 2001, film High Roller en 2003 : un grand nom de l'histoire du poker.

Stuart Errol Ungar, un enfant du Lower East Side

Stu Ungar naît le 8 septembre 1953 à New York, dans le Lower East Side de Manhattan, au sein d'une famille juive. Son père, Isidore Ungar, tient un bar où se croisent bookmakers, parieurs et joueurs de poker ; on y joue au gin rummy et au seven card stud pour de l'argent, et l'enfant observe les parties derrière le comptoir. Ce décor de joueurs professionnels explique la passion pour les cartes qui saisit Stu très tôt, et contre laquelle son père tente en vain de le protéger : Isidore veut tenir son fils à l'écart des jeux d'argent qui font vivre son établissement.

Le jeune Stuart montre vite une mémoire et une vitesse de calcul exceptionnelles. Ses biographes décrivent un élève brillant, capable de retenir l'ordre de cartes déjà jouées sans effort apparent. Il dispute son premier tournoi de gin à l'âge de 10 ans, lors d'un séjour de vacances dans les Catskills, et le remporte face à des adultes. La légende familiale veut qu'il ait déjà battu la plupart des habitués du bar paternel avant son entrée au collège.

En 1967, Isidore Ungar meurt d'une crise cardiaque. Stu a 13 ans. Pour aider sa mère et sa sœur, il quitte peu à peu l'école et joue au gin pour de l'argent dans les clubs de cartes de New York. Ce départ précoce marque le début d'une vie entièrement tournée vers la table de jeu, avec ses gains rapides et ses premières dettes. Pour situer ce jeu dans sa longue histoire, du conquian mexicain aux clubs new-yorkais, on peut relire les origines du rami et la naissance du gin, qui éclairent le milieu dans lequel grandit Stu.

Le gin rami, premier terrain d'un prodige

Le gin rami est une variante du rami à deux joueurs, où chacun cherche à former des combinaisons (suites et brelans) et à réduire la valeur de ses cartes isolées avant de « frapper » ou de faire gin. Le jeu récompense la mémoire des défausses, la lecture de la main adverse et le calcul des cartes restantes : trois qualités que Stu Ungar possède à un niveau rare. Adolescent, il gagne des parties à forts enjeux contre des joueurs installés depuis des décennies.

Victor Romano et la protection de la mafia

Le parcours new-yorkais de Stu Ungar passe par Victor Romano, joueur réputé et membre de la famille mafieuse Genovese, selon la biographie de Nolan Dalla et Peter Alson. Romano prend le jeune homme sous sa protection : enrôlé par la mafia comme joueur, Stu bénéficie d'une couverture qui lui évite les ennuis lorsqu'il ruine des adversaires mauvais perdants. Cette proximité avec le milieu donne aussi accès à des parties privées très lucratives, mais elle installe le joueur dans un monde où l'argent circule vite et sans règles.

Harry « Yonkie » Stein, battu 86 à 0

L'épisode le plus cité de sa carrière au gin oppose Stu Ungar à Harry « Yonkie » Stein, alors présenté comme l'un des meilleurs joueurs de gin des États-Unis. D'après ses biographes, Stu remporte 86 parties consécutives sans en perdre une seule. Ce score, peut-être arrondi par la légende, a fixé sa réputation : à la fin des années 1960, le jeune New-Yorkais passe pour le meilleur joueur de gin de sa génération, et les gros parieurs refusent bientôt de miser contre lui.

Pourquoi plus personne ne voulait jouer au gin contre lui ?

Stu Ungar quitte New York au milieu des années 1970, après des dettes contractées sur les courses hippiques. Il passe par Miami, puis s'installe à Las Vegas vers 1976, où le gin rami se joue encore en tournoi et en parties privées. Le problème surgit très vite : Stu gagne presque toutes ses parties. Il propose des handicaps (montrer une carte, laisser l'adversaire voir la dernière carte de la pioche), sans que cela suffise à attirer des challengers. Quand son nom figure sur une liste d'inscrits, d'autres joueurs se retirent du tournoi.

Le blackjack ne lui offre pas de refuge durable. Stu Ungar compte les cartes avec une telle précision que plusieurs casinos de Las Vegas finissent par lui interdire leurs tables. Ses biographes rapportent un pari célèbre avec Bob Stupak, propriétaire de casino : Stu aurait gagné 100 000 dollars en annonçant correctement les dernières cartes d'un sabot de six jeux, après avoir suivi toutes les autres. Cette anecdote, impossible à vérifier aujourd'hui, résume bien l'image du joueur : une mémoire qui transforme n'importe quel jeu de cartes en problème de calcul.

Privé d'adversaires au gin et chassé des tables de blackjack, Stu se tourne vers le jeu où l'argent abonde et où les joueurs ne fuient pas un rival plus fort : le poker. Le cash game de Las Vegas brasse des sommes considérables, et les tournois prennent de l'ampleur depuis la création des World Series of Poker par Benny Binion au Binion's Horseshoe en 1970.

Du gin rami au poker : trois victoires au Main Event des WSOP

Stu Ungar découvre le no limit hold'em presque en débutant, à la fin des années 1970. Sa première participation au championnat du monde des World Series of Poker, en 1980, se termine par une victoire. Il remporte de nouveau l'épreuve en 1981, puis une dernière fois en 1997, seize ans plus tard. Le tableau suivant regroupe ses cinq bracelets WSOP, d'après les archives de l'organisateur et la base de résultats Hendon Mob.

AnnéeÉpreuve WSOPDernier adversaireGain
1980Main Event, no limit hold'emDoyle Brunson365 000 $
1981Main Event, no limit hold'emPerry Green375 000 $
1981Deuce to seven drawnon détaillé icinon détaillé ici
1983Seven card studnon détaillé icinon détaillé ici
1997Main Event, no limit hold'emJohn Strzemp1 000 000 $

1980 : Doyle Brunson battu en tête-à-tête

Le premier titre mondial de Stu Ungar se joue face à Doyle Brunson, déjà double champion du monde (1976 et 1977) et figure du poker texan. Stu a 26 ans et un visage d'adolescent : le public le surnomme « The Kid », un surnom qui ne le quittera plus. Sa victoire contre un joueur aussi expérimenté que Brunson surprend tout le milieu, qui le connaissait surtout pour ses exploits au gin.

1981 : le doublé face à Perry Green

L'année suivante, Stu Ungar conserve son titre en battant Perry Green, joueur d'Alaska, en tête-à-tête final. Il devient le deuxième joueur après Johnny Moss à conserver le titre de champion du monde. La même édition lui rapporte un second bracelet, en deuce to seven draw, une variante de poker fermé où la combinaison la plus basse l'emporte. À 27 ans, il affiche déjà un palmarès que des joueurs installés depuis vingt ans n'atteignent pas.

1997 : le retour du « Comeback Kid »

Le troisième titre arrive au terme d'une longue chute. En 1997, Stu Ungar n'a plus de quoi payer l'inscription de 10 000 dollars ; son ami Billy Baxter, joueur et parieur sportif, la finance quelques minutes avant le début de l'épreuve. Stu porte des lunettes rondes teintées, qui masquent en partie les dégâts de la cocaïne sur son visage. Il élimine les joueurs un à un au Binion's Horseshoe, puis bat John Strzemp, dirigeant de casino, pour remporter 1 000 000 de dollars, partagés avec Baxter. La presse le rebaptise « Comeback Kid ». Il rejoint alors Johnny Moss parmi les seuls triples champions du monde des WSOP.

Au-delà des WSOP : Super Bowl of Poker et parties à gros enjeux

Le palmarès de Stu Ungar ne se limite pas aux World Series of Poker. Il remporte à trois reprises le Super Bowl of Poker, tournoi créé par Amarillo Slim à la fin des années 1970 et considéré, pendant les années 1980, comme la deuxième grande compétition du circuit américain après les WSOP. Ces victoires confirment que ses titres de 1980 et 1981 ne relevaient pas de la chance du débutant : face aux mêmes adversaires, sur plusieurs formats de poker, le New-Yorkais finit régulièrement en tête.

Une large part de sa fortune se joue toutefois loin des tournois télévisés. À Las Vegas, Stu Ungar fréquente les parties privées et les cash games à très fortes mises, où l'on croise les joueurs les plus riches de la ville. Dans ces parties, il passe pour un adversaire redouté, capable de lire les intentions d'un joueur en quelques tours de mise. Ses biographes notent cependant un paradoxe : très discipliné face aux cartes, il perd toute mesure dès qu'il parie sur un match de football américain, une course hippique ou un parcours de golf. Le contraste entre sa maîtrise à la table et son impulsivité hors de la table nourrit, aujourd'hui encore, le portrait d'un génie incapable de se protéger de lui-même. Plusieurs professionnels qui l'ont côtoyé, comme Billy Baxter, racontent avoir prêté de fortes sommes au champion, rarement remboursées.

Gin rami et no limit hold'em : ce que ses dons changeaient à la table

Stu Ungar répétait que le gin rami était son vrai jeu et que le poker n'était qu'un terrain de repli. Les deux disciplines font pourtant appel à des aptitudes proches, ce qui explique ses progrès si rapides au poker. Le gin rami se joue à deux, avec une information partiellement visible (la défausse) ; le hold'em se joue souvent à plusieurs, avec des cartes communes et des mises qui ouvrent la porte au bluff. Le tableau suivant compare ce que chaque jeu exigeait de lui.

QualitéAu gin ramiAu no limit hold'em
MémoireSuivre toutes les défausses et déduire la main adverseRetenir les habitudes de mise de chaque adversaire
CalculCompter les cartes encore disponibles pour finir une suiteÉvaluer ses chances de toucher au flop, au turn et à la river
AgressivitéFrapper tôt pour priver l'adversaire de tempsRelancer souvent et mettre la pression sur les tapis moyens
Lecture de l'adversaireRepérer les cartes gardées à partir des prises dans la défausseDéceler le bluff, que Stu pratiquait avec une audace rare

Les commentateurs de l'époque soulignent son style très offensif : Stu Ungar relançait beaucoup, appelait des mises énormes avec des jeux moyens quand il sentait la faiblesse, et devinait souvent la main exacte de ses adversaires. Pour qui joue en amateur, la différence entre les deux familles de jeux se mesure bien en comparant le rami classique et le gin rami à deux joueurs, dont les règles de pose et de comptage diffèrent nettement.

L'histoire tragique : addiction, dettes et mort en novembre 1998

Stu Ungar a gagné des sommes considérables, que Nolan Dalla estime à près de 30 millions de dollars sur toute sa vie, en comptant tournois, cash games et parties privées. Il a presque tout perdu. Les paris sportifs, les courses hippiques et des défis au golf engloutissent ses gains au fur et à mesure. Les témoins de l'époque le décrivent comme un joueur incapable de garder de l'argent : son premier million file aussi vite qu'il arrive, et il emprunte régulièrement auprès de ses amis du poker.

La drogue aggrave la chute. Stu Ungar commence à consommer de la cocaïne au début des années 1980, puis du crack. En 1990, il est retrouvé inconscient dans sa chambre d'hôtel pendant le troisième jour du championnat du monde ; son tapis, laissé sur la table, suffit encore à le classer neuvième. Sa vie privée se défait aussi : il divorce de Madeline, et le fils de celle-ci, Richie, qu'il avait élevé, se suicide à la fin des années 1980. Sa fille Stefanie grandit loin de lui.

Après la victoire de 1997, Stu Ungar retombe très vite dans la dépendance et ne joue presque plus. Le 22 novembre 1998, il est retrouvé mort dans une chambre de l'Oak Tree Inn, un motel de Las Vegas. Le médecin légiste attribue le décès à une maladie cardiaque, favorisée par des années de consommation de drogues. Il avait 45 ans et ne laissait aucun argent ; ses amis du poker organisent une collecte pour payer ses obsèques. Ce destin rappelle que le jeu d'argent peut basculer dans l'addiction, même chez un champion : en France, Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13, et Drogues Info Service au 0 800 23 13 13, appel gratuit.

Quel impact Stu Ungar a-t-il eu sur le monde du poker ?

Stu Ungar entre au Poker Hall of Fame en 2001, trois ans après sa mort. Pour beaucoup de professionnels, il reste le joueur de tournoi le plus doué de son époque : Phil Hellmuth, Mike Sexton ou Doyle Brunson ont tous salué son instinct à la table, et son nom revient dans chaque débat sur le meilleur joueur de poker de l'histoire. Ses trois titres mondiaux, obtenus avant l'explosion du poker en ligne, pèsent d'autant plus que le niveau de jeu reposait alors sur l'instinct plus que sur les logiciels d'analyse.

Sa légende déborde du poker. En 2003, le film High Roller: The Stu Ungar Story, avec Michael Imperioli dans le rôle principal, retrace sa vie, de l'enfance new-yorkaise à la mort au motel. En 2005, Nolan Dalla et Peter Alson publient One of a Kind, biographie de référence construite à partir d'entretiens enregistrés avec Stu peu avant sa mort ; la plupart des faits rapportés ici en proviennent. Stu Ungar figure aussi dans l'histoire du poker comme symbole d'une génération de joueurs aussi géniaux qu'autodestructeurs.

Le poker de haut niveau a connu d'autres personnalités hors norme, y compris des joueuses qui ont bousculé un milieu très masculin ; le portrait de cinq joueuses de poker célèbres et audacieuses prolonge ce panorama des grandes figures des cartes. Côté gin, le nom de Stu reste associé à une idée simple : un joueur peut dominer un jeu de cartes au point de s'en faire exclure.

Stuey « The Kid » Ungar : surnoms, gains, film et descendance

Pourquoi Stu Ungar était-il surnommé « The Kid » ?

Stu Ungar doit le surnom « The Kid » à son allure juvénile lors de son premier titre aux WSOP, en 1980 : à 26 ans, il paraissait à peine sorti de l'adolescence. Ses proches l'appelaient aussi « Stuey », et la presse a créé « Comeback Kid » après son titre de 1997.

Combien Stu Ungar a-t-il gagné au poker et au gin ?

Stu Ungar aurait gagné près de 30 millions de dollars au cours de sa vie, selon l'estimation de son biographe Nolan Dalla, qui additionne tournois, cash games et parties de gin. Ses gains en tournoi recensés restent bien inférieurs, car une grande partie de son argent venait de parties privées. Il est mort sans patrimoine.

Quel film raconte la vie de Stu Ungar ?

Le film High Roller: The Stu Ungar Story, sorti en 2003, raconte la vie de Stu Ungar avec Michael Imperioli dans le rôle-titre. La biographie One of a Kind, de Nolan Dalla et Peter Alson (2005), offre un récit plus fouillé de sa carrière au gin et au poker.

Stu Ungar a-t-il eu des enfants ?

Stu Ungar a eu une fille, Stefanie, née de son mariage avec Madeline. Il a aussi élevé Richie, le fils de Madeline, qui s'est donné la mort à la fin des années 1980. Stefanie n'a hérité d'aucune fortune à la mort de son père en novembre 1998.

Le gin rami se joue-t-il encore pour de l'argent en France ?

Le gin rami se pratique surtout entre amis ou en ligne gratuitement en France ; la loi encadre strictement les jeux d'argent en ligne, et le rami n'entre pas dans les catégories autorisées par l'Autorité nationale des jeux.

Stu Ungar a résumé lui-même son rapport aux deux jeux : il jugeait possible qu'un joueur le dépasse un jour au hold'em no limit, mais ne voyait personne capable de jouer au gin mieux que lui.

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

↑